Rue du Général Taupin

La rue principale de notre village porte le nom de l’un de ses illustres habitants. Eloi Charlemagne Taupin est né à Barbery le 17 août 1767 et a vécu dans l’une des plus anciennes bâtisses de Barbery, la Haute Maison (à l’angle du Chemin Noir ou Chemin Saint Nicolas et de la rue de la Haute Maison).

A l’âge de 20 ans, il quitte le berceau familial pour s’engager dans le régiment du roi. Il gravit rapidement les échelons et est proclamé Capitaine par le choix de ses camarades en 1792. Il reçoit sa première décoration, un sabre d’honneur, suite à son action brillante dans la bataille de Montebello où il est grièvement blessé. Il est fait Officier de la Légion d’Honneur le 14 juin 1804.

Il participe aux conquêtes napoléoniennes de 1800 à 1814 et s’illustre dans les batailles d’Ulm, d’Eylau, des Arapiles, de Vitoria et d’Orthez. C’est la bataille d’Austerlitz, le 2 décembre 1805, que Napoléon le remarque. L’Empereur le fait Commandant de la Légion d’Honneur le 25 décembre 1805.

En 1813, il est nommé Général de Division et prend le commandement de la 4ème division d’infanterie de l’armée du Portugal qu’il dirige à la bataille de Vitoria. Il décède à 47 ans, le 10 avril 1814, lors de la bataille de Toulouse.

Eloi Charlemagne Taupin n’a pas laissé sa trace uniquement sur les plaques d’une rue de Barbery puisqu’il fait parti des 660 personnalités à avoir son nom gravé sur l’Arc de Triomphe de l’Etoile à Paris.

Le Clos des Tournelles

Le lotissement est composé de deux rues : la rue des Volières et la rue Saint Rémi (Saint patron de la commune). L’emprise du lotissement, situé entre le mur d’enceinte du vieux village et le lotissement des années 1960 (rue du Général De Gaulle) était auparavant occupée en partie par un élevage de faisans (dans des volières ; ceci explique cela !). Il est à noter qu’une ancienne dépendance de la ferme a été conservée dans le lotissement.

Les propriétaires de la dizaine de maisons ont finalisé leurs projets par des touches personnelles, tout en respectant le cahier des charges imposé ; l’objectif de ce dernier étant de rappeler dans l’architecture de ces constructions neuves, celle des maisons du vieux village. Ainsi ont été règlementées la volumétrie des constructions et l’aspect des façades. L’objectif a été de recréer des rues typiques de l’Oise ; maisons éloignées des voies de circulation et reliées entre elles.

Rue du Général Patton

Reliant deux des bâtiments les plus anciens de Barbery, la ferme des Tournelles et l’église, cette rue s’est appelée jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, rue de la présentation. C’est là que se tenait le marché aux bestiaux et où les animaux des fermes étaient présentés aux acheteurs.

Quelques années plus tard, le Conseil Municipal, rendant hommage au Général commandant les divisions américaines qui ont libéré Barbery en 1944, décide de la rebaptiser.

Le Général Patton n’est sans doute jamais venu à Barbery. Aux commandes de la 3ème armée américaine, il débarque en Normandie en juin 1944 et libère une grande partie du Nord et de l’Est de la France de l’occupation allemande. Arrivée dans l’Oise à la fin de l’été et après avoir repris Rully aux allemands, l’armée américaine envoie des obus sur Barbery : deux tomberont d’ailleurs à proximité de la future rue du Général Patton (un sur la ferme des Tournelles tuant plusieurs bêtes et arrachant un pouce à un soldat allemand et un autre sur la maison de M VASSEUR. Fin août 1944, les allemands abandonnent leurs positions à Barbery et notamment les bâtiments de la sucrerie l’Alouette où ils avaient établi leur campement principal (rue du Thierry).

Place du Sénateur Léon ROLAND

La place principale de notre village porte le nom de l’habitant de Barbery qui eut les fonctions politiques les plus importantes.

Léon ROLAND fut Maire de Barbery, Conseiller Général, Président de la Chambre d’Agriculture et bien évidemment Sénateur.

Ingénieur agronome, il a poussé à travers son influence au sein de la Chambre d’Agriculture le développement de méthodes culturales nouvelles et l’organisation en coopérative. Il a convaincu son frère et son cousin de créer la distillerie agricole de Barbery en 1891 et en a été le Président Directeur Général jusqu’en 1924.

Il entre au Sénat en 1920 et participe activement aux commissions concernant l’agriculture. Il assure une influence enviable au Palais du Luxembourg. Il est réélu en janvier 1924 mais ne profite pas de son deuxième mandat car il décède quelques mois plus tard.

Maire de Barbery après la deuxième guerre mondiale, il assure auprès des habitants de la commune la difficile tâche de la mise en place des pensions veuves et d’ascendants et l’obtention des dommages de guerre. Durant cette période, il met en place le réseau d’éclairage public et fait réaliser les travaux pour la création d’une place publique au centre du village ; place qui aujourd’hui porte son nom. Son grand projet fut la création d’un système d’adduction d’eau public ; mais il décède après une courte maladie en 1924 sans avoir vu sa réalisation. Son fils Etienne reprenant le flambeau de maire, mènera à bout ce projet.

(Benoit ROLAND, arrière-arrière petit fils de Léon ROLAND)

Chaussée Brunehaut

Notre village est traversé à son extrémité nord par une célèbre voie romaine : la chaussée Brunehaut. Cette voie construite par les Romains devait vraisemblablement relier Senlis à Soissons. Il en reste aujourd’hui dans notre région quelques passages. A l’entrée de Senlis, une rue porte son nom en bordure de la zone industrielle. Parallèlement à l’A1, la route qui relie Barbery à Balagny, empreinte son tracé. Sur notre commune, à l’entrée du marais, ce chemin existe toujours le long de l’autoroute entre le pont et l’étang.

Une légende cruelle, dont l’origine ne date que du XVè siècle, dit que Brunehaut, reine d’Austrasie, aurait été suppliciée par Clotaire II, trainée par un cheval sur une de ces routes. Cette légende précisait que ces routes correspondaient aux traces qu’aurait laissées derrière elle la reine Brunehaut, emmenée à toute vitesse, en ligne droite par monts et par vaux, derrière son cheval. Une autre légende en faisait la mère de Jules César.

Chemin du vieil orme

Le Conseil Municipal a décidé de renommer le chemin du cimetière. Il s’agit désormais du « chemin du vieil orme ». En effet, un arbre de cette essence se trouvait en bordure de ce chemin lorsque celui-ci se prolongeait de l’autre côté de la route de Bray et menait jusqu’à Rully. Les ormes étaient des arbres très répandus dans le nord de la France et étaient utilisés comme des bois d’œuvre car ils offrent des caractéristiques de solidité comparables aux chênes. Une maladie, la graphiose, a quasiment fait disparaître toute la population de cette espèce à partir de 1920.

Notre chemin du vieil orme débute du côté du village par deux bras entourant un calvaire. Il borde ensuite des près en contrebas.

Cette différence de niveau est due à l’extraction de la terre à cette endroit pour alimenter la briqueterie  qui se trouvait rue du Thierry. Il mène ensuite au cimetière qui a été implanté là vraisemblablement au XIXè siècle suite à l’ordonnance royale du 6 décembre 1848 car les autorités de l’époque s’inquiétaient des risques sanitaires liés aux inhumations en plein centre des villages (il se trouvait auparavant autour de l’église). Ils préconisaient d’installer les sépultures au Nord dans des zones où l’air pouvait circuler librement. L’emplacement actuel a donc bien suivi ces recommandations.

Les nombreux habitants qui se promènent régulièrement à cet endroit pour profiter de la vue sur la plaine, pourront maintenant dire qu’ils empruntent le chemin du vieil orme.

Rue du Thierry

Le promeneur qui se balade rue du Thierry pour rejoindre le marais du même nom ne se doute peut-être pas qu’une partie importante du passé industriel de notre commune s’est jouée ici. En effet, en mars 1861, Monsieur Lalouette qui exploite une fabrique à sucre de betteraves à Tracy-le-Mont écrit au Préfet pour obtenir l’autorisation d’implanter une sucrerie sur l’accotement du chemin de Pont (Sainte Maxence) à Meaux, chemin qui sera renommé plus tard « rue du Thierry ». Il argumente auprès du Préfet en indiquant que les maisons du village sont à plus de 250 mètres. Aucune maison de ce quartier de Barbery en effet n’existait à cette époque.

Après avoir été reprises par la sucrerie de Vauciennes, les activités ont cessé en 1905 et les bâtiments détruits en 1960. Il reste cependant beaucoup de traces de cette période : les deux maisons de direction quasiment identiques qui se font face rue du Thierry témoignent de l’architecture industrielle fin XIXème.